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3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 11:20
................... " Quant aux étrangers en situation irrégulière, c'est un autre problème. J'ai toujours pensé que les Français qui manifestaient pour eux se "dédouanaient" de quelque chose, et surtout du fait qu'on ne s'intéresse pas aux gens dans leur pays, ce qui serait pourtant la priorité ! C'est un peu comme si un groupe d'écolos manifestait pour la sauvegarde d'un ruisseau, tout en laissant mourir un océan entier. "

Je voudrais rebondir ici sur un commentaire ci-dessus laissé par Marie (que je remercie ) sur mon article "Enfermement".
ça me permet d'expliquer mon vécu sur le sujet et ma conviction.
D'abord, il me semble que ,si , dans chaque ville ou village, on se préoccupait du petit ruisseau, on sauverait la faune et la flore de nos cours d'eau et au final on dépolluerait l'océan.
Les engagements doivent être, à mon sens locaux et globaux et c'est l'ensemble qui tient le tout .
J'arrête ici la comparaison.

Quand j'ai pris ma retraite et que par le fait du hasard, je me suis retrouvée comptable bénévole dans une assos d'aide juridique aux migrants  ( migrants et non "sans papier ), je ne connaissais pas grand chose aux lois sur l'immigration.
Mais, ce que j'y ai découvert, ce sont des hommes et des femmes comme moi qui arrivaient en France pour X raisons et en toute bonne foi. Il venait dans l'association pour régulariser leur situation dans le cadre de la loi française. La plupart .
Il y a deux sortes de migrants : les demandeurs d'asile qui ont fui leur pays pour cause de persécution et les demandeurs de titres de séjour qui viennent pour étude, travail, maladie ne pouvant être soignée dans le pays d'origine.....famille.....
Les demandeurs d'asile déposent une demande d'asile et ont droit à rester en France en attendant la réponse à leur demande. Ils ont un titre provisoire, sont logés dans des centres et perçoivent une petite indemnité.
Les demandeurs de titre de séjour sont normalement arrivés en France régulièrement, ils reçoivent des titres de séjour renouvelables selon la situation.
C'est résumé très brièvement.

Voilà deux cas que j'ai rencontré :
Un jeune malgache ayant deux frères à Madagascar s'est retrouvé orphelin à 18 ans. Il venait de passer son bac. Ses deux frères mariés n'avaient pas beaucoup de moyens pour l'accueillir, et sa soeur française lui a proposé de l'accueillir et lui permettre de continuer ses études en France . Il eut donc un titre de séjour "étudiant" renouvelé chaque année , fit de brillantes études et devint ingénieur en informatique.
A la fin de ses études, il eut une promesse d'embauche et demanda donc un titre de séjour pour travail qu' il attendit huit mois. La réponse fut négative.
Recours gracieux ... refusé !
Toute sa vie était en France, il était également très engagé dans diverses assos.
SANS PAPIER ! pas clandestin ni tricheur !
A ce moment, je commençais à faire des permanences et à connaitre les lois.
J'ai fait un nouveau recours avec au moins une cinquantaine de témoignages de profs, d'élus, de tas d'amis.. J'ai fait des recherches sur le site de l'ANPE ou l'on recherche nombre d'informaticiens.
Normalement, il devait être expulsé.
Quelques mois plus tard, il fut arrêté et mis en centre de rétention. Après quelques jours, on l'a libéré, le recours avait été accepté et il avait son titre avec droit de travailler.
 Ce gars-là m'avait dit : j'ai une copine française, on pourrait se marier, mais je ne veux pas qu'elle me dise un jour que je l'ai épousé pour des papiers et puis, je ne suis pas sûr qu'on est fait pour se marier.
Je pense qu'il a été pendant plus de 18 mois un sans papier. Il a vécu dans la peur et dans la honte de vivre au crochet de sa famille.

Une jeune nigériane arrivée irégulièrement ne parlant pas le français. Elle ne disait que : I have problems ." Elle était visiblement malade et avait dû arriver en France par un réseau de prostitution. Sa demande d'asile ne pouvait pas aboutir car elle ne disait rien de ce qu'elle avait vécu. Elle était en immense difficulté à tous les niveaux. Une association de soutien aux prostituées essayait de l'aider, mais c'était difficile . Elle faisait pitié.
Quelle âge avait-elle ? 20 ans peut-être. Elle était frêle et maigre.
Elle était souvent arrêtée puis relachée ?!?!?! Puis, un jour, après plusieurs semaines en centre de rétention, on a appris qu'elle avait été expulsé au Nigéria.
Je pense qu'elle est morte ! Le Nigeria où on enferme les femmes adultère quand on ne les lapide pas. Alors, cette petite prostituée malade !

Alors, c'est oublier qu'il y a des pauvres en France que de défendre ces situations-là ou bien c'est penser que le petit ruisseau de la compassion peut devenir océan d'humanité et que toutes les misères doivent être prise en compte ?
Préfère-t-on donner pour le tsunami, faire la guerre en Afganistan, aller chercher des bébés au Tchad ou en Asie .Et lorsque quelques uns arrivent chez nous avec, c'est un fait, "un sachet de plastique vide au bout leur bras", on les chasse, on les laisse se tapir dans des pauvres campements, on brûle leur maigres affaires, on les gaze .....on les enferme. N'y aurait-il pas des moyens plus humains de gérer le problème, à nous les supermans des droits de l'homme et de la civilisation ?

Bien sûr, on va toujours trouver l'exemple de ceux qui profitent du RMI, des allocations, des islamistes, des imams qui ont trente six épouses et soixante douze enfants  ... y a toujours l'exemple "de la mort qui tue" qui va vous expliquer qu'il faut se méfier de ces gens-là , ces clandestins qui viennent manger le pain de nos pauvres , ces profiteurs etc...etc...
Et, c'est vrai qu'il y a quelques cas dérangeants... C'est vrai .

En tout cas, moi, je n'ai rencontré que des braves gens qui n'aspiraient qu'à vivre normalement, à gagner leur vie honnêtement et à s'intégrer tranquillement.

Et, quoiqu'on dise, l'immigration n'est pas si importante que cela en France et dans les années à venir, on aura un manque crucial de main d'oeuvre. C'est d'ailleurs déja le cas.

D'ailleurs, on devrait aussi s'occuper aussi de tous nos jeunes diplômés qui quittent la France. C'est aussi un sujet important.
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11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 13:22

Laissez-les grandir ici
envoyé par laissezlesgrandirici

C
omment être régularisé en France en cinq leçons. La formule est empruntée à l’écrivain camerounais Luc Bassong, auteur de l’excellent livre Comment immigrer en France en 20 leçons publié chez Max Milo éditions. Un petit répertoire s’impose presque face à l’actualité récente des régularisations en France qui sortent des sentiers battus de la longue procédure administrative. Le dernier moyen en date pour en finir avec la clandestinité est une Palme d’or. Aïssata Ba, de nationalité malienne, la mère de Boubakar, acteur du film
Entre les murs de Laurent Cantet, distinguée dimanche à la 61e édition du festival de Cannes, est en passe d’être régularisé. Tout comme, l’un des acteurs du film d’origine congolaise, qui se trouve également être un sans-papiers. Coïncidence ou simple hasard du calendrier, la préfecture de police de Paris a indiqué mercredi qu’ Aïssata Ba disposait de « l’ensemble des pièces fournies » justifiant une régularisation. La Malienne est la mère et l’épouse d’un Français et la procédure qui est en passe d’aboutir a été lancée plusieurs mois plus tôt avec le parrainage de Laurent Cantet.

Au top 5 des moyens pour bénéficier d’une régularisation expresse figure, à la deuxième place, la prouesse sportive. Le footballeur sénégalais Papa Idrissa N’Doye en sait quelque chose. Il a obtenu son titre de séjour après son but salvateur face à l’Olympique de Marseille, l’équipe préférée de l’ancien attaquant du club du Dia raf de Dakar. Cet exploit a offert un ticket à sa petite équipe amateur de Carquefou de CFA2 (5e division) pour les quarts de finale de la Coupe de France. Du talent donc, ou encore un peu de courage peuvent changer l’horizon d’un immigré clandestin. Anis Miladi, un Tunisien de 21 ans, a obtenu le 20 mai la garantie d’obtenir un titre de séjour d’un an pour acte de bravoure. Cette faveur de l’Etat français est sa récompense pour avoir sauvé des flammes une vieille dame de 96 ans, en avril dernier, à Villejuif. Le jeune homme, étudiant en bac pro de plomberie, était sous le coup d’un arrêté d’expulsion.

En espérant le miracle, miser sur la lutte

Enfin dernier recours possible, faire la "Une" des journaux, ou du moins d’un quotidien que Brice Hortefeux lit. A l’instar d’Isabelle Guérin, cette veuve de 38 ans d’origine béninoise, dont l’histoire rapportée dans les colonnes du Monde a attiré l’attention du ministre de l’Immigration. Dans le communiqué qui annonçait le dimanche 6 avril dernier sa régularisation, il est précisé que Brice Hortefeux a « pris connaissance des faits samedi après-midi à la lecture du journal Le Monde ». Le ministère est revenu sur la décision du préfet d’Indre-et-Loire qui n’avait pas autorisé le renouvellement du titre de séjour de Madame Guerin. Une décision motivée par le décès de son époux français, d’un cancer, en octobre 2007.
http://www.afrik.com/article14399.html

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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 14:11

Que l'on s'y prenne comme on voudra,on arrive toujours à la même conclusion, il n'y a pas de colonialisme sans racisme . Aimée Césaire 1954

Le" bon nègre" est mort, les paternalistes doivent en faire le deuil …………….. Trois siècles de traite, un siècle d'occupation n'ont pas pu nous avilir, …………. tous les catéchismes enseignés n'ont pu nous faire croire en notre infériorité.                                                 Léopold Sédar Senghor 1945



Et pourtant, on s'émeut des massacres en Afrique du Sud, on s'émeut du tremblement de terre en Chine,on s'émeut du manque de nourriture dans les pays du sud et de la repression en Birmanie, on envoie de nos deniers pour soutenir telles ou telles causes.
Mais, chez nous en France, ces quelques centaines de milliers de jeunes adultes qui sont installés depuis des années, on n'en veut pas, on les condamne à vivre dans la clandestinité, dans la peur, exploités, à la merci de gens qui les exploitent, logés dans des taudis.
Des suicides dans les centres de rétention, des jeunes mutilés en fuyant, une chinoise qui se tue en sautant de son appartement, des enfants terrorisés...................... des immeubles vétustes incendiés.............

Quand ?? les hommes vivront d'amour !
Ou au moins, quand vivront-ils en se respectant et en dialoguant ............................?

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23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 16:15

Paru dans l'Express

Sans-papiers: les cinq clés de la crise

http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=470332&xtor=RSS-96
Laurent Chabrun

Quels sont les enjeux de l'actuel mouvement des sans-papiers? Qui veut quoi? Que risque le gouvernement? Analyse.

Combien d’immigrés sont en situation irrégulière en France?
C'est, bien évidemment, difficile à estimer. Mais on considère, généralement, que de 200 000 à 400 000 clandestins sont présents sur le territoire national.

Dans quels secteurs professionnels travaillent-ils?
Quatre secteurs paraissent plus concernés: la restauration, le bâtiment, le nettoyage et ,enfin, la confection, dont les travailleurs sont, pour l’heure, peu présents dans le mouvement revendicatif. Les "employeurs" de ces derniers -pour l’essentiel des travailleurs asiatiques- ne voient, vraisemblablement, aucun intérêt à sortir de la clandestinité, car ces entreprises de confection ne respectent, le plus souvent, aucun droit et n’acquittent aucune taxe.

Qui veut quoi?
Pour ces salariés sans papiers, la régularisation est, bien évidemment, l’objectif.

Pour leurs employeurs, souvent confrontés à une pénurie de main d’œuvre, cette régularisation est économiquement vitale. D’autant qu’elle pourrait leur permettre d’échapper à des poursuites s’il était établi que leurs employés sont des clandestins.

Pour les syndicats, il s’agit, en régularisant les sans-papiers, de restreindre une couche de travailleurs sans droits dont les conditions de travail dégradées tirent les salaires et les conditions de l'ensemble des salariés des secteurs concernés vers le bas.

Pour le gouvernement, l’affaire est plus délicate. Nicolas Sarkozy, pour réduire l'influence du FN, avait mis en place une politique migratoire plus répressive incarnée par Brice Hortefeux. Ce dernier s’était ainsi vu fixer un objectif de 25 000 clandestins à expulser. Mais, avec les lois qui portent son nom, le ministre de l’Immigration a également prévu (article 40) une régularisation par le travail -une option utilisée à plein par les actuels grévistes.

Comment s’en sortir?
Les préfets vont examiner les dossiers qui leurs sont adressés. Et, les travailleurs clandestins qui peuvent justifier d’un emploi et d’une bonne intégration seront très vraisemblablement régularisés. Le gouvernement  maintiendra, en revanche, une régularisation au cas par cas, Nicolas Sarkozy ayant clamé, haut et fort, qu’il s’opposait à des mesures de régularisation massive.

Quels risques pour l’avenir?
Le gouvernement peut craindre l’appel d’air: des migrants potentiels pourraient choisir d’entrer clandestinement en France dans l’espoir de bénéficier des mesures en cours. Il peut également craindre un mouvement de masse, ingérable, qui verrait des dizaines de milliers de clandestins venir déposer des dossiers dans les préfectures. La médiation des syndicats, essentiellement la CGT, devrait permettre d’éviter ce scénario.


Il serait quand même temps que l'on trouve des solutions intelligentes au problème des sans-papiers. Il semble que les choses avancent positivement en ce moment.
Si ça pouvait mettre fin à tous ces scandales d'enfants en centre de rétention, d'époux ou épouses de français devenus veufs et risquant l'expulsion, et d'accidents abominables de gens qui se jettent d'un immeuble ou d'un pont pour échapper à la police ou par peur, mettre fin aussi à l'exploitation des migrants, travail au noir et traffic divers d'êtres humains.
Il est grand temps que le sujet soit traité avec sagesse et humanité.
Et, ça n'empêche pas d'avoir une politique de l'immigration !
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21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 15:14

Tant que la couleur de la peau sera plus importante que celle des yeux, nous ne connaitrons pas la paix .Haile Selassie

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17 mars 2008 1 17 /03 /mars /2008 10:57




Quand la politique du chiffre amène les forces de police à devenir grotesque et à faire subir à des gamins et des gamines, qu'ils aient 17 ou 19 ans, des examens médicaux humiliants. (voir article ci-dessous )
Que de zèle pour faire respecter la loi, parce qu'elle n'est pas la même pour un mineur que pour un majeur !
( Moi, à 18 ans, je n'étais pas majeure et à 19, je l'étais, une loi ayant été votée entre temps.)
Dans l'émission "c'est dans l'air ", un policier ( qui a quitté la police ) racontait récemment que lorsque l'on porte plainte pour un cambriolage, ils prennent la plainte, mais la plupart du temps, l'affaire s'arrête là, car faire des recherches et des investigations , ça prend du temps et pour peu de résultats. Il faut faire du chiffre, il faut répondre aux demandes pressantes des préfectures. Alors, on chasse le migrant, le loqueteux, le petit dealer sans jamais prendre les gros, ça va vite et ça fait du chiffre.
On est loin des experts Manhattan ou Miami dont on nous abreuve copieusement à la télé, ceux qui sont en équipe de quatre ou cinq et qui vont fouiller dans le vomi d'une victime pour savoir s'il a vraiment manger à la pizzeria du coin,ceux  qui rentrent l'adn d'un type dans l'ordi et qui savent tout de suite, son adresse, ses amis, ses habitudes alimentaires, sa marque de sous-vêtements et où il se trouve à cet instant. 
Non, notre police est en fait bien démunie, peu de moyens, beaucoup de boulot, un nombre de suicide important, des depressions et des pressions et des gars qui finissent par faire du zèle en chassant du pauvre gars, ainsi que quelques sadiques et quelques complexés qui ont besoin d'humilier et de faire du zèle, en usant misérablement du pouvoir de l'uniforme.
Il nous les faut nos 25 000 expulsions, il nous les faut.
Et nos quotas de déliquants arrêtés, il nous les faut, il nous les faut .

Alors que le vrai problème actuel, ce serait plutôt la fuite des jeunes diplômés , des médeçins, des ingénieurs et le manque de main d'oeuvre dans l'hôtellerie , la restauration et le bâtiment. On s'acharne à chasser le pauvre type. 
Celui qui ,avant d'être nommé "sans papier" est , je précise, un demandeur d'asile ou un candidat au séjour régulier qu'on suspecte systématiquement d'être un tricheur, un futur délinquant ou un polygame qui va nous amener ses trois femmes avec 10 gosses chacune. Et, on entretient bien tous ces fantasmes dans l'esprit des gens : l'étranger, l'homme de couleur, porteur de tous les dangers, profiteurs, à la culture et aux moeurs malsaines.
Et, y a des cons pour le croire !
Moi, j'ai une autre idée de la nature humaine, de l'être humain et de sa capacité à vouloir vivre en bonne intelligence avec les autres. Je crois aussi et même , j'en suis sûre que celui qui quitte son pays et se retrouve seul, ici, ne le fait pas de gaité de coeur, mais plutôt, la mort dans l'âme. 
D'ailleurs, ils sont bien moins nombreux qu'on veut nous le faire croire, et il n'y a pas d'immigration massive, loin de là.
Mais, bon, on regarde dans les culottes des jeunes . Oh, mon Dieu, quelle horreur, celui-là a , au moins , 18 ans et deux mois. ça se voit à ses poils au pubis ! Quel sale tricheur !
On devrait peut-être aussi regarder la dentition comme on faisait pour les esclaves autrefois.
Pas de quoi être fier !
Honte à ma France !
Ah, bien sûr, quand c'est l'arche des zozos qui court au Tchad pour sauver des petits nenfants, et faire le marché pour les couples en mal d'enfants ou de bonnes oeuvres, on est tout ému. On se dit qu'ils ont été maladroits, mais que leurs intentions étaient bonnes, au fond !! C'est de l'humanitaire. Et, ce pauvre médeçin et cette pauvre infirmière qui faisait des faux pansements aux petits nenfants. Ils ont peut-être été trompés, mais, bon ! 
Ce n'est pas parce qu'on prend l'étiquette "Humanitaire" que ce que l'on fait est juste et bon, ni pour les petits, que pour l'Afrique, encore moins pour les autres humanitaires qui restent sur le terrain.
Mais, alors, quand le petit nenfant devenu grand, 16, 17 18 ou 19 ans, si il s'avise de venir de son plein gré chez nous. Alors là, Père Castor, c'est une autre histoire.
Ce ne sont plus des jolis petits nenfants qu'on pourrait élever dans nos bonnes et généreuses familles. Comment, ces étrangers qui arrivent chez nous et qui trichent sur leur âge, quelle honte, quel scandale !

C'est pas de la connerie pure, tout ça ! C'est tellemnt bête et méchant !
Là, je m'énerve !
 

                                                                  DDA_CHEMIN_IMG_57_1163146517.gifDessin de Chambon





Article  de Chloé Leprince pris dans


Julio, sans-papiers rennais, a subi un examen poussé pour déterminer son âge. Le conseil général, son tuteur, attaque la préfecture.

Mardi 4 mars, la classe de Julio, Angolais sans-papiers arrivé à Rennes il y a presque un an, va visiter un lycée professionnel dans l'agglomération bretonne. Mais sur le chemin du retour, dans le métro rennais, un banal contrôle d'identité va le précipiter dans une escalade judiciaire.

Sans titre de séjour mais clamant qu'il est mineur, Julio est arrêté un peu avant midi. Le foyer où il est hébergé est prévenu, un éducateur apporte les papiers que le jeune homme leur avait fournis. Ils ne sont pas valables: il s'agit d'une carte d'identité aux couleurs de la province du Cabinda.

Le Cabinda est une enclave sous contrôle angolais en territoire congolais, que le site du Quai d'Orsay "déconseille formellement". De la taille d'un département français, la province est le théâtre de violences depuis trente ans, et n'édite pas de papiers d'identité. Les agents de la Police de l'air et des frontières (PAF) ne contestent pas seulement sa nationalité mais surtout son âge.

Pour le médecin, l'examen des os du poignet n'est pas suffisant

Julio, qui est scolarisé dans une classe spéciale de remise à niveau, répète qu'il a 16 ans. Il dit être né le 17 novembre 1991. Mais les forces de l'ordre en doutent, et lui donnent deux ans de plus.

Dès le début de sa garde à vue, le jeune est envoyé au CHU, où l'on examine les sans-papiers pour déterminer leur âge. Selon qu'un jeune est mineur ou majeur, ce n'est en effet pas le même droit qui s'applique. S'il est certes régularisable, un majeur est aussi expulsable.

Pour le médecin, qui pratique d'abord une radiographie du poignet pour déterminer sa densité osseuse, l'âge de Julio reste contestable. S'en suit alors un double examen, pileux et génital. A l'issue de la consultation, la PAF argue, sur la base du compte-rendu médical, que l'élève du lycée Victor-et-Hélène-Basch a 18 ans révolus. Le juge des libertés, décide donc qu'il est expulsable. Julio est envoyé au centre de rétention le plus proche, en périphérie de Rennes. Il y restera huit jours.

A Limoges, un examen des seins et des poils pour deux jeunes filles

Ce n'est pas la première fois qu'on pratique un contrôle de puberté afin de statuer sur l'âge d'un étranger: en octobre, Rue89 rapportait déjà qu'à Limoges, un médecin expert auprès du tribunal avait pris l'initiative de déterminer l'âge de deux jeunes filles sans-papiers sur la base de l'aréole de leurs seins et de leurs poils pubiens. Pour Me Olivier Pacheu, l'avocat commis d'office à l'interpellation de Julio, ces contrôles ne sont plus exceptionnels mais de plus en plus fréquents. Mais, cette fois, le département d'Ille-et-Vilaine a décidé de répliquer devant la justice.

Julio est en effet placé sous la tutelle du conseil général, qui le considère comme mineur, et estime donc qu'il n'était pas en infraction. Fin mars 2007, à l'arrivée de Julio sur le territoire français, le département suivait ainsi 51 jeunes mineurs étrangers isolés. La moitié d'entre eux sont sous tutelle départementale, à l'instar de Julio.

Or le conseil général affirme qu'en tant que tutelle, il devait donner son aval avant que de tels examens médicaux soient pratiqués. Interrogé par Rue89, le département déplore "les pratiques traumatisantes" des forces de l'ordre et "deux conceptions radicalement différentes qui s'opposent".

Le président du conseil général dénonce des "dénis de justice"

Président de ce conseil général qui a basculé à gauche en 2004, Jean-Louis Tourenne (PS) est monté en première ligne sur ce dossier, se déplaçant même à l'audition de Julio en préfecture, mercredi matin. Aujourd'hui, il affirme que "le département d'Ille-et-Vilaine attaquera en justice, d'ici la fin de la semaine prochaine", la décision du juge des libertés qui donne Julio majeur. C'est cette décision qui a permis au préfet d'Ille-et-Vilaine de prononcer son expulsion.

Pour Jean-Louis Tourenne, ce cas fait l'objet de "dénis de justice" à répétition du fait des méthodes dont police et justice ont usé:

 

Même si son client a obtenu, mercredi 13 mars, un permis de séjour d'un an, en acceptant du bout des lèvres de se dire majeur, l'avocat du jeune Angolais va, pour sa part, encore plus loin. Pour Me Olivier Pacheu, la préfecture elle-même est en cause. L'avocat argue en effet qu'on a ouvertement poussé son client à mentir. Présent mercredi matin à l'audience en préfecture, l'avocat rennais dénonce "une forme de chantage":

"Sur le procès verbal, il est explicitement indiqué que mon client a reconnu "après réflexion" qu'il acceptait un titre de séjour provisoire en échange d'un mensonge sur son âge, en déclarant: 'Je n'ai pas le choix'."

Les pratiques de la PAF rennaise dénoncées par la cour d'appel

Sollicitée par Rue89 vendredi matin, la préfecture a confirmé les faits, mais n'a pas souhaité réagir tant qu'une procédure devant la justice était en cours. Mais on constate que le climat se tend globalement dans le dossier des sans-papiers, à Rennes, où une décision du premier président de la cour d'appel avait déjà marqué les esprits locament, en décembre: le tribunal de deuxième instance avait infligé un camouflet aux policiers de la PAF, dénonçant des pratiques confinant au "contrôle au facies".

Vendredi soir, le parquet de Rennes ne souhaitait pas davantage réagir à l'annonce des poursuites par le président du conseil général.


                                               DDA_CHEMIN_IMG_34_1146833888.gifDessin de Chambon

                                         DDA_CHEMIN_IMG_25_1143039101.gif
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10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 14:27
 

De 2003 à 2006, je me suis engagée dans une association lilloise qui apporte une aide juridique aux migrants et demandeurs d'asile.
Avec ma sensibilité à fleur de peau, mêlée d'un "jte fonce dedans" de pitbul quand les choses ou les gens me révoltent ou m'énervent, j'ai réagi souvent autant contre les politiques, les militants, les administratifs ou les bien pensants, convaincue  qu'il n'y a pas des bons et des méchants, des "qui ont raison " et "des qui ont tort", des bons côté et des mauvais.
Il y a en chacun un peu de génie et de connerie, un peu de bonté et d'égoïsme, un peu de courage et un peu de lâcheté.
 Ci-dessous, un coup de sang que j'ai eu fin 2005:

Je relève dans le mail de C.... P : "Pas en notre nom ?" La belle affaire, nos frigos débordent et la route des vacances est belle. Résistons avec civilité 35 heures par semaine et devenons lentement mais sûrement le dernier homme de Nietche" et" Une seule rupture est possible et elle est extrêmement violente pour le système. Elle consiste à ne plus vivre dans des abstractions qui n'engagent à rien, mais à mettre en oeuvre concrètement le PARTAGE comme réalité vécue. Sommes-nous prêts à nous faire violence ? Sommes-nous prêts, non pas à nous dépouiller de tout, mais à devenir les artistes d'un écoumène fraternel, les artistes présent au monde, produisant non pas des savoirs proliférant qui n'engagent à rien, mais une connaissance vécue, concrète et joyeuse faisant de nous et du monde des êtres lumineux ? Cela serait insupportable pour tous les Sarkosy du monde".

Je vais peut-être paraître à côté de la plaque, mais, pour moi, cela ne me parait pas concret non plus, ces propos-là.

Concrètement, mon frigos est plein , je vais en vacances et je n'en ai pas honte, ça ne m'hôte pas le droit d'être révoltée par la situation des migrants et de le dire."CE N'EST PAS EN MON NOM !"

(Les 35 heures : mieux vaut 35 heures de travail efficace, que 80 heures de tournage en rond ! Ce n'est pas ceux qui courent le plus, qui sont les plus pressés.Ce n'est pas ceux qu'on voit le plus qui font le plus de boulot ! Un travail d'équilibré est plus productif qu'un travail d'exténué !) Ce n'est pas honteux, les 35 heures !!! Ce n'est pas honteux de préserver une vie de famille, d'avoir des amis , des vacances et des loisirs....ça n'empêche pas d'être militant et d'avoir des convictions...et ça permet de rester solide et équilibré !

Ce qui me dérange, c'est que ce que j'ai, les autres ne l'ont pas. Oui, ça, ça me dérange .

Comme disait Coluche :"C'est pas vraiment ma faute si y en a qui ont rien, mais ça le deviendrait si on ne disait rien " et en plus cru : "c'est pas de ma faute si y a des gens qui ont faim, mais, quand je me mets à table, ça m'emmerde de savoir qu'y en a qui n'ont rien à becqueter !

Quant à l'utopie où tout le monde ( les cimadiens) il pourrait être bon, il pourrait être gentil; et ce serait un exemple merveilleux !?!?!? Et Sarko palirait .. ça ne me parait pas concret non plus .

Concrètement, ça m'enquiquine franchement qu'à côté de moi, il y a des gens qui n'ont pas de papiers, et que ça les paralyse, les rend malade, ça crée des traumatismes qui ne guériront pas, et qu'en plus, on les met en taule pour ça, on les persécute, on les humilie. Et tout ça, dans mon pays, chez moi...à côté de mon frigo plein, que, même si je l'ouvre pour partager de temps en temps, ça ne resout pas le problème.

ça m'enquiquine que ...

Zahra 25 ans s'est sauvé du Maroc pour ne pas être marié de force à un vieux qu'elle n'aimait pas, elle est arrivée chez sa soeur en France, le beau frère n'en veut pas, on la place comme bonne dans une famille marocaine, le fils la séduit, elle est enceinte, on la bat et on la jette dehors.Elle vient de déposer une demande de titre qu'elle n'aura pas. Elle est dans un foyer ,elle accouche en mai prochain et dès qu'elle aura son refus de titre, elle sera à la rue.Elle ne peut pas retourner dans son pays où elle sera méprisée et on ne veut pas d'elle chez nous... GALERE !

Ça m'enquiquine que …

Fidi 25 ans malgache : son père est mort quand il avait 10 ans, sa mère est morte quand il a eu 18 ans. (c'est con, elle aurait pu mourir un an avant ). Sa sœur ainée et son beau-frère français l'adoptent et lui permettent de faire ses études en France. Il ne réfléchit pas et pour ne pas perdre de temps dans ses études, il arrive avec un titre étudiant. Il fait des études brillantes et sort ingénieur en informatique. Il demande un titre salarié avec un pré -contrat en poche. Il a un refus 12 mois plus tard. Il fait un recours avec 50 lettres de soutien et attestations. Encore un refus parce qu'il a deux frères à Madagascar ! ça fait huit ans qu'il est en France...

Une entreprise française à Madagascar lui propose royalement un poste de responsable informatique payé…395€ par mois. Les malgaches ne sont pas si exigeant que les français lui dit-on ! SANS PAPIERS avec un prêt étudiant sur le dos et pas le droit de bosser !

Ça m'enquiquine que …

Malika, marocaine, qui a toute sa famille en Europe depuis des années. Elle était régulière en Italie, mais après une rupture sentimentale, la perte de son emploi et le départ de son dernier fils, elle décide de retrouver sa fille et son gendre, français. Elle arrive avec un visa, fait une demande de titre et reçoit un recipissé avec autorisation de travailler. (bonheur )Elle trouve du boulot, un appart et dix huit mois plus tard, reçoit un refus de titre car "elle est régulière en Italie et pas de raison d'être en France". RECOURS……. ANGOISSE..!

Ça m'enquiquine que…

Rachid, marié à une française qui décède en accouchant, son enfant décède plusieurs mois plus tard :il ne répond plus aux conditions donnant droit à un titre de séjour. L'HORREUR EST HUMAINE !

Ça m'enquiquine que…

Ali, marié à un française, qui bosse comme un malade comme plongeur dans un restos pour payer les études de sa femme, se voyant largué par elle parce que "pas assez cultivé", n'a pas son titre renouvelé … car plus de vie commune… SANS PAPIERS !

Ça m'enquiquine que…

Tina, nigériane, quarante kilos toute mouillée, probablement prostituée, qui traine de manière visible une sale maladie entame sa cinquième semaine en centre de rétention à Lesquin, qu'on n'arrive pas à l'aider car elle ne sait dire que ces mots :"I have problems. "

Ça m'enquiquine …

de payer des impôts qui financent des fonctionnaires à la pref qui passent leur temps et leur énergie à envoyer des refus et des APRF à des gens qui de toute façon sont là et resteront là. (à part les malheureux qu'on réussit à expulser, l'HORREUR EST HUMAINE !)

ça m'enquiquine que..

Huit demandeurs d'asile sur dix soient considérés comme des profiteurs ou des menteurs et soient déboutés…

Ça m'enquiquine que…

Ma vieille tante, une brave femme de 75 ans qui vit entre son chat, son fauteuil et sa télé se laisse séduire par la charismatique Marine Le Pen et son discours parce que personne en face n'a un autre discours convaincant.

Ça m'enquiquine que….

Et ça me fait honte qu'un ministre sensé nous représenter avec dignité à la tête du gouvernement emploie des mots comme "racaille" ou "nettoyer les banlieues", alors que ayant suivi le procès Dutroux en Belgique, je n'ai jamais entendu de tels mots par des responsable, non plus sur Papon. Alors que ....

Ça m'enquiquine que..

On se demande si Sarko est un libéral sécuritaire…un humaniste libéral…un sécuritaire humaniste…un humaniste sécuritaire libéral…………..ça ne fait pas avancer le schmilblic.Ce qui m'inquiète, c'est que ce qu'il dit, il ne le dit que parce que l'opinion publique est prête à le soutenir, parce que le terrain est favorable à son discours et à ses lois..

Ça m'enquiquine que..

Il n'y ait personne de droite ou de gauche pour apporter un argumentaire intelligent et humain pour inverser l'opinion des braves gens ni en France, ni en Europe.

PS: Fidi a été régularisé par recours gracieux en 2006; Tina  a été expulsée au Nigeria;Malika a été régularisée par recours gracieux; pas de nouvelles des autres.

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10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 14:25
Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy : Ils arriveront quand même...
par Jacques LACOUR, Koudougou, Burkina Faso, le 5 avril 2006
Source :
http://www.lefaso.net/article.php3?id_article=13443
b-avions.jpg
                                                                                                                                                         s-barbele.jpeg
A Monsieur Nicolas Sarkozy, ministre de l¹intérieur,



A Messieurs les ministres de l¹intérieur de l¹Union Européenne,

L¹une de vos préoccupations aujourd¹hui semble être d¹endiguer le flux ininterrompu des réfugiés économiques qui assiègent les frontières de l¹Union Européenne, réfugiés qui, pour beaucoup, viennent d¹Afrique noire.

Nous savions depuis longtemps que la pression était forte et des milliers de cadavres balisent déjà les routes du désert quand les vieux camions rendent l¹âme, le détroit de Gibraltar quand coulent les frêles embarcations, ou les autoroutes d¹Europe quand on oublie d¹aérer citernes ou conteneurs où ils voyagent. http://yelims5.free.fr/TopOuNul/SuperNul02.gif

Qu¹une route se ferme, une autre s¹ouvre... et il va en être ainsi pour longtemps !

Vous pouvez bien affréter ces humiliants charters de « retour au pays » qui blessent profondément l¹âme hospitalière africaine, elle qui garde mémoire d¹avoir été convoquée pour défendre la mère patrie,

vous pouvez bien mettre une troisième rangée de grillage à Ceuta et Mellilla (Que faisons-nous encore là-bas ?) ou faire disparaître le camp de Sangate,

vous pouvez bien organiser des reconduites aux frontières sous les feux des caméras de télévision, cela rassurera peut-être vos opinions publiques mal informées, mais cela n¹arrêtera pas l¹arrivée des réfugiés économiques.

Ils arriveront quand même parce que les gouvernements français et européens n¹ont jamais vraiment souhaité que les paysans d¹Afrique de l¹Ouest (80% de la population) puissent vivre du travail de leur terre. Vous refusez d¹acheter leurs produits à un prix rémunérateur qui leur donne la possibilité de rester chez eux. Vous refusez d¹investir dans l¹agriculture familiale qui seule peut fixer les populations chez elles.

Vous avez toujours préféré distribuer de l¹aide déstructurante quand il est trop tard et que les plus faibles sont déjà morts. Vous préférez apporter une aide tardive avec vos stocks d¹invendus transportés à grands frais, plutôt que de créer un environnement qui permette aux paysans africains de développer leurs propres productions et leurs propres stocks.

Vous déstabilisez leurs marchés avec les faux prix du pseudo marché mondial, que vous bricolez à votre guise (par des subventions ou du dumping). Et vous annoncez à tous cette nouvelle soit-disant vérité : Commerce ultra-libéral = développement.

Alors que nous voyons chaque jour que cette recette ne fait qu¹enrichir les riches et appauvrir les pauvres...

Ils arriveront quand même parce que vos collègues chargés du développement l¹ont trop souvent réduit à des aides budgétaires ou à des prêts ponctuels favorisant des régimes corrompus à la tête d¹Etats où règnent le non-droit, la corruption et le racket permanent des plus faibles. Peu de chances alors de voir les plus jeunes se motiver dans un tel environnement. Ils veulent venir en Europe, et ils viendront.

Ils arriveront quand même parce que, quittant la campagne, ces jeunes ne trouvent dans les villes sous-équipées ni travail, ni considération, ni perspectives d¹avenir. Les quelques emplois qui existent sont déjà aux mains d¹une minorité qui se les réserve. Restent les seuls chemins de l¹aventure que "TV5 monde" fait briller à leurs yeux. Ils rêvent de l¹Europe.

Ils arriveront quand même parce que finalement vous en avez besoin

 dans l¹agriculture (légumes, fruits et primeurs) parce que la grande distribution, en écrasant les prix, ne permet pas de salarier normalement ceux qui produisent et récoltent,

 dans le bâtiment, parce que les contrats de sous-traitance de nos grands groupes BTP, s¹ils favorisent la création d¹importants bénéfices, ne permettent pas non plus de rémunérer normalement la main-d¹oeuvre de ce secteur,

 et parce qu¹il faudra bien remplacer l¹importante génération du « baby-boom » qui commence à prendre sa retraite.

Quand la communauté européenne prendra conscience que le monde a besoin de toutes les agricultures du monde, http://yelims5.free.fr/TopOuNul/Applaudissements03.gif

quand la communauté européenne décidera qu¹il est juste et bon que l¹Afrique protège ses filières de productions naissantes (agricoles et autres) pour parvenir à la souveraineté alimentaire, http://yelims5.free.fr/TopOuNul/Super12.gif

quand la communauté européenne ouvrira vraiment ses marchés aux productions de l¹Afrique sub-saharienne pour qu¹elle devienne enfin solvable, http://yelims5.free.fr/TopOuNul/Super12.gif

quand la communauté européenne renoncera à imposer ses Accords de Partenariat Economique (APE, qui sont en fait des accords de libre-échange) qui vont ruiner ce qu¹il reste encore de production locale et appauvrir un peu plus les Etats africains, http://yelims5.free.fr/TopOuNul/SuperNul02.gif

quand la communauté européenne cessera de soutenir les " démocratures " africaines, http://yelims5.free.fr/TopOuNul/SuperNul02.gif

Alors, Monsieur le ministre, Messieurs les ministres, alors seulement, peut-être, la pression sera moins forte à vos frontières.

Bon courage !
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10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 14:20
Un petit tour à la pref de Lille le lundi matin ou" Les 12 travaux d'Astérix"

 



A la demande de son avocate, j'ai accepté d'accompagner Mme X de nationalité Y à la pref de Lille.

 


Mme X est en France depuis 26 ans, elle a toujours été en situation régulière sur le territoire français , elle a un travail et possède sa maison, elle veut devenir française et comme elle dit :"Je me sentirai plus tranquille comme ça . "

 


Elle a déjà demandé la nationalité française ,voici quelques années, mais on l'accuse d'être polyandre, ce qui est faux. En fait, elle a eu un mariage religieux dans son pays d'origine, il y a très longtemps, mariage de tradition oral, rompu par tradition orale trois ans plus tard.

 


Elle est allé dans son pays pour fournir toutes les preuves de ce mariage et divorce non actés.

 


Avec elle, avant d'aller à la pref, j'ai vérifié et rangé tous les papiers, originaux , copies et traductions d'actes, j'ai joint un courrier explicatif concernant ce premier mariage. Je n'ai pas l'habitude des naturalisations, mais qui vivra, verra .

 


Nous nous sommes donné rendez-vous à la pref le lundi 30 janvier 2006.

 


Je l'ai rejointe vers 8H15 ce matin -là, il faisait - 5°. Mme X était arrivé vers 6H du matin, elle était en deuxième position.

 


La pref se trouve à l'angle de deux rues, d'un côté il y a la file des demandeurs d'asile et de l'autre les demandes de naturalisation en file indienne derrière des barrières. Le nombre de tickets étant limités, il faut arriver tôt pour être sûr de passer. J'imagine que certains devront revenir !

 


Un policier est en faction devant la porte, il a froid lui aussi.

 


Le personnel de la pref arrive peu à peu, ils adressent un bonjour au policier, mais aucun n'a ni regard, ni bonjour pour les gens qui attendent dans le froid.

 


Vers huit heures trente, le policier fait rentrer les demandeurs d'asile, ils s'avancent en silence toujours en file indienne, les visages sont fermés, glacés, anxieux . Mon cœur se serre, j'ai l'impression de voir défiler devant mes yeux toute la misère du monde. Ils sont 20 environ, je calcule que selon les chiffres officiels , seulement 4 auront leur statut de réfugié, et les autres ??? Galère, galère pendant des mois, puis des années . Des sans-papiers .

 


Nous avançons enfin avec Mme X, il faut prendre un ticket qu'il faudra rendre en sortant.

 


Nous sommes reçu dans un bureau au premier étage par un monsieur poli et correct, on ne lui en demande pas plus. Il vérifie un à un tous les papiers. Les traductions ne sont pas valables car il faut un traducteur assermenté français et pas marocain, il manque aussi une ou deux autres pièces concernant un kafhala. Il agrafe tous les papiers qui sont bons et fait la listes des pièces manquantes.

 


Il faut revenir, mais Mme X me dit qu'elle est contente, on n'est pas tombé sur le "méchant". Elle ajoute : "Le méchant, à chaque fois, il dit, "vos papiers, ça ne va pas, je ne peux pas les prendre", c'est pour ça que j'ai été chez l'avocat, je ne savais plus quoi faire."

 


Lundi 6 février 2006

 


J'arrive à huit heures 20, Madame X attend, elle est première ,cette fois, elle est arrivée à

 


5 H30 , il fait moins froid. Derrière elle, la même dame que lundi dernier. On se reconnaît, on se sourit .

 


  •  
  • Ah, il vous manque des papiers à vous aussi !

Nous engageons la conversation, nous ne sommes pas congelé comme la semaine dernière.

 


Elle me dit que quand elle est arrivé en France voici plus de vingt ans, elle ne savait pas où s'adresser, elle a beaucoup galéré, mais elle s'en est sorti, sa fille termine ses études d'infirmière et son fils ses études d'ingénieur. Je lui dis qu'elle peut vraiment être fière d'elle, qu'elle a vraiment du mérite.

 


Elle me raconte qu'avant d'avoir ses papiers, elle avait rêvé quelle était morte et qu'en arrivant au ciel, elle criait: "Je ne peux pas entrer, je n'ai pas de papiers ."

 


Nous rentrons après le défilé des demandeurs d'asile. Ticket. Etage .

 


Celui ( surnommé"le méchant", je le saurai après. ) demande le ticket de Mme X et l'invite à rentrer, je la suis en expliquant que je suis de la Cimade et que j'aide MmeX à constituer son dossier. Il me dit d'un ton froid :" Ah, non, Madame, je ne peux recevoir qu'un personne à la fois, PLAN VIGIPIRATE." Je réponds que la semaine dernière, je suis rentré dans l'autre bureau sans problème.

 


-"Bon, dans ce cas-là, je demande à mon chef ."

 


C'est la "chève" qui nous reçoit, elle dégrafe tous le dossiers que le monsieur de la semaine dernière avait agrafé. Je lui dit que ce monsieur nous a dit que les pièces agrafées étaient bonnes. Elle réponds sèchement qu'elle doit tout vérifier quand même.

 


Cette fois, c'est le certificat de décès du père de Madame qui n'est pas bon. "Il faut un acte, pas un certificat". Sur un certificat, il n'y a pas la date de naissance, il n'y a que la date de décès.

 


"Je vous rends tout. "

 


Elle ne vérifie rien d'autre et nous salue.

 


Nous reviendrons la semaine prochaine, Mme X me dit qu'elle a chez elle un acte de naissance de son père avec la mention "décédé".

 


Le policier bien aimable qui était en faction ce jour-là nous dit au-revoir, je lui lance :"A la semaine prochaine !" Il faut bien humour garder.

 


Rendez-vous dans la semaine pour remettre le dossier en ordre, re vérifier !

 


Rendez-vous lundi 13 février à la pref. Troisième épisode .

 


JE NE LACHERAI PAS L'AFFAIRE . JE LES AURAI UN JOUR ! JE LES AURAI !

 


A suivre ………………..

 


Lundi 13 février 2006

 


He ben non !On s'est encore fait jeter.

 


Comme dab, on a fait la queue au 171. Il pleuvinait et il faisait 0°.

 


A 8H35, le policier de service est venu dire au demandeurs d'asile que personne n'était arrivé et qu'ils devaient attendre.Il a fait rentrer les demandes de naturalisation.

 


Mme X était n° 1 et nous sommes monté au premier où une dame assez sympa et humaine nous a reçu.

 


Elle a demandé pourquoi le dossier était complètement défait alors que son collègue l'avait agrafé. J'ai répondu que sa chef avait voulu tout vérifier.Elle a eu l'air contrariée.

 


Donc, elle a dû revérifier les papiers un par un.

 


Il y a des originaux d'actes, des traductions et des copies.(3 à 4 centimètres de papier en hauteur).

 


Mme X a du mal à s'y retrouver quand on lui demande un papier.

 


La dame de la pref s'énerve un peu et nous dit qu'elle ne peut consacrer que 20 MN par personne.

 


Je commence à m'énerver. Je lui fait remarquer que si elle avait devant elle des papiers en arabe, elle serait sans doute aussi lente que Mme X qui n'est pas forcément une intellectuelle et qui n'est pas forcément à l'aise avec l'écrit. J'ajoute que 20Mn avec chaque personne, c'est faux car on fait revenir les gens 3 ou 4 fois et dans des conditions honteuses.(J'ai vu en descendant des gens au guichet à qui on disait qu'ils ne pouvait avoir de ticket car les fonctionnaires ne pourraient plus aller déjeuner.)Ce serait mieux de passer du temps la première fois et d'éviter les erreurs.

 


Cette dame est apparemment humaine et semble un peu gênée de cet "accueil".

 


Elle nous dit en excuses que lorsque les gens viennent chercher un dossier, elle coche les papiers à rapporter sur la liste, ce que ne font pas d'autres préfectures.

 


Le premier acte de mariage de Mme X n'est pas original, c'est une copie. Je ne l'avais pas vu car les deux autres fois, on ne nous a rien dit sur cette acte. J'avais seulement vérifié les papiers manquants.

 


Arrive "le méchant" qui reconnait Mme X, ce monsieur s'y croit, c'est clair. Il est imbu de cette misérable parcelle de pouvoir dont il se pare , il se sent fort et puissant.Si je n'étais en colère, il me ferait pitié.

 


Je demande quand même pourquoi on a obligé Mme X à aller chercher au Maroc un acte de mariage et un acte de divorce de sa première union,( actes datés 30 ans après) alors que c'était un mariage religieux de tradition orale et qu'au regard du droit français, elle n'était pas mariée.(mariage contracté à l'âge de 16 ans et rompu à 19 ans avec un enfant )

 


Comme c'est"le méchant" qui a demandé ces actes a posteriori. Il me jette que sur l'acte du deuxième mariage, c'était écrit qu'elle était divorcée.Je réponds que c'est impossible puisqu'elle n'était pas mariée.Il me jette:" si,si c'était écrit, c'est pour cela que j'ai demandé les actes du "premier mariage". Il ajoute du reste :"il y a eu deux ou trois mariages peut-être, je ne sais plus !" avec un mépris non dissimulé.

 


Je dis à Mme X qu'il vaut mieux y aller et qu'on allait refaire le point, car je veux tout vérifier.

 


Nous rangeons tous les papiers et nous sortons, je ne sais si nous avons eu nos vingt minutes réglementaires.

 


En sortant, nous allons boire un café en face, je suis consternée et Mme X aussi.Elle me dit qu'elle va retourner voir son avocat, mais qu'elle est découragée.

 


Je lui demande si elle veut vraiment être française,elle ne sait plus.

 


Je comprendrais qu'elle abandonne, mais en même temps, je suis en rage et je crois que tout est fait pour décourager les gens ,j'en suis persuadée.

 


Ces gens -là ne sont pas digne du salaire financé par le contribuable français. Ils se réclament de la charte Marianne , mais n'ont pas le respect des citoyens...A moins que les étrangers ne soient pas des citoyens.. question à poser au ministre de l'interieur et ses préfets.

 


C'est honteux de faire revenir les gens tant de fois dans des conditions pareilles.Et pourquoi, on ne leur dit pas une bonne fois pour toute, tous les papiers qui ne vont pas ?

 


Et pourquoi ces gens qui sont fonctonnaires, casés à la pref ne savent même pas dire bonjour en passant?

 


J'ai la rage...même si il y a pire, c'est vrai... Mme x n'est pas dans une situation dramatique, c'est clair.

 


J'ai bien vérifié le deuxième acte, je ne vois pas mention d'un quelconque divorce. Je vais contacter l'avocat car c'est en effet complexe.

 


Je me demande si ce mariage acté a posteriori n'est pas un piège à cons dans lequel on aurait embourbé Mme X.

 


peut-être à suivre !

 


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10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 14:17

Commission juridique à Lille

Opinion à propos de la nouvelle commission de reexamen de sans papiers par Clo

C'est une chose de soutenir les sans papiers dans leurs revendications, c'en est une autre de soutenir n'importe quelle action suicidaire !

C'est une chose de dénoncer les aberrations de la loi, c'en est une autre de courir derrière n'importe quel groupe de défenseurs de sans papiers, généralement dirigé par des "avec papiers" qui risquent peu !

Soutenir les sans papiers n'empêche pas d'être sensé, crédible, honnête et intelligent !

En tout cas, s'il faut se réjouir de l'élargissement de cette nouvelle commission qui vient d'être créée à Lille par la préfecture avec une dizaine d'associations qui depuis longtemps sont confrontées à la réalité de ces hommes et femmes qu'on nomme "sans papiers" et que ces associations défendent.

J'applaudis des deux mains, en particulier, la présence des associations qui défendent le droit des femmes, car, parmi les sans papiers, elles sont souvent les plus mal loties, les plus exploitées et souvent même rejettent par leurs compatriotes, même ici.

Et, que dire des homosexuels !

La dite "commission juridique" du bon vieux temps existait déjà avant les accords Delarue. En ce temps-là, la Cimade de Lille avait généreusement le droit de présenter deux dossiers par mois. Il a fallu batailler avec les trois autres du " canal historique, voire préhistorique " pour obtenir le même nombre de dossiers que la LDH, le MRAP et le CSP après les accords Delarue.

( Je précise qu'il n'y a jamais eu de place pour les jeunes bénévoles dans cette commission, jeunes étudiants en droit, jeunes juristes, avocats débutants, d'où un peu d'ironie . )

D'ailleurs, commission d'hier ou d'aujourd'hui, c'est toujours du domaine de l'arbitraire, de l'inégalitaire et de l'injuste ! C'est hors la loi ! C'est le pouvoir discrétionnaire, donc le bon vouloir de tel ou tel préfet ou secrétaire général, la mise en œuvre inégalitaire d'accords locaux.

On peut comprendre que des associations s'engouffrent dans ce mécanisme pour sauver quelques cas, mais c'est de l'ordre du sauve-qui-peut, des "listes de Schindler" qui ne peuvent satisfaire les défenseurs de la démocratie et les défenseurs de la justice, la même pour tous.

De même que l'on obtient des régularisations au cas par cas, des primes à la grève de la faim (ou des punitions à la grève de la faim), rien de tout cela n'est sain et juste.

En tant que bénévole, j'ai vu des gens proposer de l'argent pour être sur la liste mensuelle, pire, j'ai vu des personnes se mettre à genoux et supplier. Et à l'intérieur des associations, les bénévoles allant en préfecture se faire particulièrement courtiser alors que ceux qui tentaient tout pour passer par la loi en travaillant leurs dossiers étaient considérés comme des loosers.

La loi étant si restrictive, on préfère passer par la loterie de la commission.

Peut-on s'installer dans de telles pratiques et parler, comme je l'ai souvent entendu, de NOTRE VICTOIRE à Lille avec les accords Delarue, d'autant plus qu'il y a nombre de régions où le cas par cas existe.

Partout, on préfère régulariser dans l'ombre pour ne pas déplaire à l'électorat.

Je cite un militant Cimade parlant de régularisations économiques probables dans les prochains temps , faisant suite à une discussion sur l'article paru dans le monde ci-dessous :

"La disposition adoptée sur une "régularisation économique" ressort bien plus d'une nouvelle possibilité du discrétionnaire préfectoral que d'une mesure globale. L'encadrement règlementaire sur le type de métiers, les besoins et bassins d'emplois va sans nul doute lui donner de larges restrictions.

Ce qui est en jeu dans cette mesure comme dans toutes les autres, c'est la méthode dans laquelle se développe ce pouvoir discrétionnaire, c'est à dire d'abord les conditions de traitement et d'accueil des personnes dans les préfectures. C'est la que se mitonnent pour les personnes migrantes, demandeuses d'asile ou réfugiées la cuisine peu ragoutante des régularisations en fonction de "l'adaptabilité au marché de l'emploi", de "l'inserabilité" dans "l'identité française", etc....

C'est le sens du projet d'observation des pratiques administratives. S'il est évident que nous devons mieux nous accaparer ces nouveautés d'une régularisation "officielle" par le travail, c'est bien la machine administrative dans son ensemble et son arbitraire qu'il faut démonter. Car au fond, qu'il s'agisse de migrants économiques, de demandeurs d'asile, de conjoints de français ou de familles, c'est bien la même logique et le même traitement qui sont à l'oeuvre. "



LE MONDE | 18.10.07 | 11h12 • Mis à jour le 18..10.07 | 11h25
www.lemonde.fr

On les a vus, en mai, occuper le res taurant Buffalo Grill de Viry-Châtillon (Essonne) ou, en mars, lutter contre leur expulsion alors qu'ils travaillaient depuis des années à la Cooperl, l'abattoir de Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine) : les travailleurs sans papiers aujourd'hui employés dans l'illégalité par des entreprises françaises vont pouvoir déposer une demande de régularisation.

Cette nouvelle disposition, ajoutée par un amendement parlementaire au projet de loi sur la maîtrise de l'immigration, est passée inaperçue, occultée par la polémique sur l'usage de tests ADN en matière de regroupement familial.
Voté à l'unanimité à l'Assemblée nationale – avec l'aval du gouvernement – et dans les mêmes termes au Sénat, le texte répond, selon ses auteurs, les députés Frédéric Lefebvre (UMP), Yves Jégo (UMP) et Nicolas Perruchot (UDF-Nouveau Centre), à la volonté du président de la République d'accroître la part de l'immigration économique dans les flux migratoires. Le Parlement doit adopter définitivement la loi le 23 octobre.
"A titre exceptionnel, il est nécessaire de pouvoir régulariser des travailleurs", souligne l'exposé des motifs du texte. Il s'agit de "donner la faculté à l'autorité administrative de régulariser un étranger sous la réserve qu'il trouve un travail dans un métier et une zone géographique caractérisés par des difficultés de recrutement".
L'idée est née, au printemps 2006, d'un débat entre Frédéric Lefebvre, alors conseiller parlementaire du ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy, et le député (Verts) Noël Mamère, au moment où le Parlement, examinant la précédente loi sur l'immigration, s'apprêtait à supprimer la régularisation de plein droit des étrangers au bout de dix années de présence en France.
"AU CAS PAR CAS"
Pour le gouvernement, cette régularisation était une prime à la clandestinité. "M. Mamère faisait valoir que nombre d'étrangers, en dépit de toutes les difficultés rencontrées, avaient montré une grande obstination à rester en France et trouvé les moyens de se construire une vie", se souvient M. Lefebvre. Sensible à cette argumentation, le conseiller de M. Sarkozy s'était alors mis à travailler sur un amendement. Il précise n'avoir pas réussi, à l'époque, à trouver une rédaction qui satisfasse le ministère de l'intérieur, "plutôt hostile à l'idée".
La nouvelle possibilité ainsi offerte de régulariser les travailleurs relève du "bon sens", estime M. Lefebvre. "A partir du moment où nous définissons des secteurs économiques en tension, avec l'idée de faire appel à des étrangers pour les soulager, regardons déjà sur notre territoire s'il n'y en a pas des compétents pour répondre aux besoins, et donnons pour cela la possibilité au préfet de régulariser ces personnes, au cas par cas", explique-t-il.

VIVIER DE PERSONNEL
Le nombre de sans-papiers en France est estimé entre 200 000 et 400 000. Ils répondent aux besoins des secteurs aux conditions de travail difficiles, qui rencontrent des difficultés endémiques de recrutement : l'agriculture, le bâtiment, l'hôtellerie et la restauration… Devant les directeurs régionaux et départementaux du travail et de l'emploi, lundi 24 septembre, M. Hortefeux avait souligné que 470 000 offres d'emploi restaient non pourvues en France, "parce que – pourquoi le nier – il s'agit de métiers que nos citoyens ne veulent pas exercer".
"Dans certains départements marqués par de fortes pénuries de main-d'œuvre, le préfet pourra procéder à de nombreuses régularisations. Dans d'autres, ce ne sera pas utile", souligne le député Frédéric Lefebvre, "convaincu que la mesure peut très bien fonctionner". Elle offrira aux préfets, ajoute le député UMP des Hauts-de-Seine, une nouvelle voie pour sortir de situations parfois inextricables "faute de base juridique". Tel était le cas des salariés sans papiers, démissionnaires ou licenciés, de Buffalo Grill, dont 20 seulement sur 68 ont obtenu une régularisation (Le Monde des 15 juin et 7 juillet).
L'entreprise qui jouera le jeu encourra-t-elle les sanctions prévues dans le code pénal pour les employeurs d'étrangers sans titre (3 ans de prison) ? "C'est un dispositif totalement nouveau dans notre droit", reconnaît M. Lefebvre. "Il ne s'agit pas de donner un guichet de régularisation aux employeurs voyous", affirme M. Jégo.
Selon André Daguin, président de la Fédération des métiers et de l'industrie de l'hôtellerie, cette nouvelle mesure offrira un vivier de personnel aux entreprises, "notamment pour le recrutement de saisonniers" et"assainira la situation dans le secteur".
Les associations de soutien aux étrangers se montrent, elles aussi, favorables à une telle disposition, mais se disent prudentes. "La régularisation relèvera du pouvoir discrétionnaire des préfets, ce qui laisse craindre des différences de traitements illégitimes, qui seront difficiles à expliquer aux personnes, relève Nathalie Ferré, présidente du Gisti. Et il ne faudrait pas que cela se traduise, comme lors de la régularisation exceptionnelle de l'été 2006, par un engouement au départ mais au final très peu de régularisations, et le risque pour les déboutés d'être interpellés."
L Van Eeckhout
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