Publié le 03 juillet 2008 - Orléans. La rép.com
Mardi, en fin d'après-midi, à Orléans, plus de 150 personnes ont, dans un
environnement d'agitation et de bruit, proposé un cercle de silence pour «
dénoncer les conditions inhumaines dans les centres de rétention
administrative ».
Silence, ils protestent ! 18 heures, ce mardi : la place du Martroi, à
Orléans, est le théâtre d'une étrange représentation. Sous le regard étonné
et curieux de nombreux passants, un cercle se forme. Au fur et à mesure que
le temps passe, il s'agrandit. Au final, ce sont plus de 150 personnes qui
participent à cette manifestation silencieuse pour « dénoncer les
conditions de détention inhumaines dans les centres de rétention
administrative ». Ici, pas de barrières, ni de slogans déclamés, seulement
des affiches apposées sur le dos des uns et des autres : « Notre foi : la
dignité de chaque homme » ; « Pour que la France redevienne le pays des
droits de l'homme » ; « Défendre tout homme contre les traitements
dégradants »...
« Couper les barbelés autrement »
Apparus en Allemagne dans les années 80, les cercles du silence qui se
déroulent aujourd'hui sont nés à l'initiative d'organisations très diverses
: les franciscains à Toulouse qui furent les premiers en France ; des
militants du RESF (Réseau éducation sans frontières)..
À Orléans, c'est à l'appel d'un collectif de chrétiens que des militants
des droits de l'homme, de RESF, que des élus municipaux, des citoyens se
sont regroupés. « C'est une autre forme de protestation, chacun s'imprègne
d'humanité, de fraternité, à côté d'une personne qui a la même intériorité.
Et cela devient un mouvement collectif », explique Pierre Potel, l'un des
porte-parole du collectif. « C'est une manière de couper les barbelés
autrement, et d'exprimer publiquement notre refus que soient réalisées
chaque jour en France des arrestations, des mises en centre de rétention,
des expulsions de personnes, sous prétexte qu'elles n'ont pas de papiers en
règle. » C'est le troisième cercle de silence pour Dominique, militante
auprès d'un collectif de sans-papiers : « Aujourd'hui, en plus, c'est un
jour particulier puisque Sarkozy vient de prendre la présidence de l'Union
européenne. On sait que l'immigration fait l'objet d'une attention toute
particulière. On sait aussi ce que ça veut dire : des expulsions sans
penser aux saccages, aux enfants qui vont se retrouver dans un pays qu'ils
ne connaissent pas, où ils risquent leur vie. » « Et qui dit expulsion dit
centre de rétention : des conditions inhumaines, difficiles à supporter »,
poursuit-elle.
Très visuelle, la manifestation, qui aura duré une heure, a su attirer les
passants. « Ils cherchent à comprendre et nous leur apportons un autre
point de vue. Si ça peut faire bouger les choses ? Je l'espère sincèrement
! » confie Pierre Potel.
Julie Poulet-Sevestre
I S T
R Y


Derniers Commentaires